Saint Michel à Juziers

Un peu d’histoire : Le nom de GESIACUM, qui a donné Juziers, apparaît au temps de la domination romaine, mais c’est au Xe siècle que s’éclaire son histoire, grâce à un texte daté du 5 février 978. Il s’agit de la charte de donation de l’église et des terres de Juziers à l’abbaye de Saint Père en Vallée de Chartres par la comtesse Letgarde, cousine germaine de Hugues Capet par sa mère et descendante de Charlemagne par son père. Nous ne savons rien de cette première église dédiée à Saint Pierre. Ce don considérable va amener à Juziers des bénédictins qui construisent, dès le XIe siècle, un prieuré (emplacement du château du Bourg) et une nouvelle église qu’ils agrandissent au XIIe siècle par un vaste chœur.Incendié pendant les guerres de religion au XVIe siècle, le prieuré périclite ; un laïc reçoit les terres et seigneuries de Juziers, charge à lui d’entretenir l’église et de faire célébrer le service divin. Au XVIIe siècle, la nef est concédée aux paroissiens, le chœur étant réservé aux moines. L’église est mal entretenue et en 1753, le clocher qui s’élevait à la croisée du transept, s’écroule. Il est remplacé par une tour-clocher au-dessus du croisillon sud.Le prieuré est démembré sous la Révolution et l’église est prise dans la tourmente révolutionnaire. Le curé Delecluze ne peut empêcher son saccage. Il sera enfermé à la conciergerie où il meurt le 20 juin 1794. Interdite au culte catholique, l’église devient atelier de salpêtre.
Le culte est rétabli le 25 décembre 1802 et l’église, placée sous le vocable de Saint Michel depuis 1700, renaît à la vie paroissiale.Prosper Mérimée, inspecteur général des Monuments Historiques, la fait classer en en 1850. Les restaurations commencent à l’initiative de Monsieur Baroche, ministre de la Justice et des Cultes, propriétaire à Juziers-Ville. Elles sont menées par les architectes Garrez puis Godeboeuf.

Puis un petit tour de l’église

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Maintenant, entrons à l’intérieur
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Il n’existe aucun texte permettant avec précision de dater la construction de l’église que les archéologues situent aux XIe et XIIe siècles. Le plan est en croix latine avec nef, transept et bas-côtés. La nef avec  ses cinq travées et ses gros piliers à impostes et sans base, date du milieu du XIe siècle. Jusqu’à la fin du XVIIIe siècle, elle n’était pas voûtée, mais présentait une charpente apparente, masquée depuis lors par une voûte néo-gothique ; les bas-côtés conservent leurs poutres apparentes. Le transept, voûté d’ogive au XIIe siècle, datait de la même campagne de construction que le chœur. Suite à l’effondrement du clocher primitif,  il a subi des transformations. Il conserve au nord son aspect originel ; le croisillon sud a été  modifié au XVIIIe pour asseoir le nouveau clocher. Le chœur est du premier gothique (vers 1150).Il est très élégant avec ses quatre étages : arcatures aveugles, grandes fenêtres, triforium et fenêtres hautes. Il se compose d’une travée droite pour les stalles des moines et d’une abside abritant l’autel. Les croisées d’ogives formées de deux tores avec ou sans méplats reposent sur des chapiteaux à feuillages. Il faut remarquer dans le chœur une belle piscine du XIIIe siècle.Vitraux, plaques, statues et tableaux datent des XIXe et XXe siècles. Ils ont été le plus souvent offerts par des donateurs : l’empereur Napoléon III, les familles Baroche, Delapalme, Langumier, la confrérie des Vignerons, les paroissiens et amis de Juziers, etc. L’extérieur frappe par sa simplicité. La façade a été remaniée au XIXe siècle.

Le long de la nef, le mur est d’une grande sobriété. Le chœur est épaulé par des contreforts à ressauts. Le chevet, bien équilibré complète l’harmonie de l’ensemble.

L’Association Paroissiale et Juziers Dans l’Histoire (J.D.H.)
Pour visiter, appeler 01 34 75 61 33 ou 06 70 06 43 70

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